L’endométriose – acte 1 : la douleur

C’est une maladie dont on ignore beaucoup : on ne sait ni d’où, ni pourquoi elle vient. Elle arrive, comme ça. Découverte il y a à peine un siècle, elle touche de nombreuses femmes (peut être toi, ta sœur, ta mère) et met de nombreuses années à être découverte (un retard de diagnostic entre 6 et 7 ans). En cause ? La douleur des femmes, que l’on considère comme « normale » depuis la nuit des temps : t’es une femme, t’as des règles, tu dois souffrir. Voilà c’est la logique imparable de l’humanité, qu’on inculque à chaque lignée de femme qui découvre sa féminité par l’intermédiaire de ses règles.

C’est là que le bât blesse, et c’est ainsi que la maladie suit son chemin.

Parce qu’on estime que la douleur est normale, on ne prend pas au sérieux ces femmes qui se courbent en deux une semaine par mois, celles qui font des malaises incompréhensibles, on les traite de chochotte, les mettant plus bas que terre parce qu’elles osent dire qu’elles souffrent.

Certaines femmes ne vivent pas la même endométriose : douleur, infertilité. Pour certaines le combo sera terrible, pour d’autres la maladie restera silencieuse et sera découverte au hasard d’un examen.

Je ne vous parlerais pas de ces femmes car je n’en fais pas partie. Je vous parlerai plutôt de celles qui souffrent, pour ouvrir une toute petite porte sur la compréhension de cette malade silencieuse. Maladie qui bouffe la vie des femmes qui en sont atteintes.

Pour moi, c’est une maladie très handicapante, de celles qui empêchent de se lever chaque matin de manière « normale », de celles qui empêchent de marcher « normalement », de manger « normalement », de faire les choses « normalement », de vivre « normalement » en somme.

C’est une maladie qui fait « mal » mais qui est visuellement invisible. Les gens vont nous voir et penser « elle va bien », mais de l’intérieur le feu brûle et s’amplifie à chaque mouvement. Parfois, cela se tiens tranquille, même en période menstruelle, et d’autre fois c’est tout le mois complet où il faut serrer les dents, rester tranquille, s’allonger.

J’aimerais pouvoir vous décrire la sensation de la douleur, la manière dont je l’annihile (notamment pour m’occuper de ma fille), mais c’est un tel processus. Un chemin de longue haleine où le corps doit oublier cette partie de lui qui fait souffrir. Cette partie de lui qui saigne là où il ne devrait pas, cette partie de lui qui essaie de cicatrisé mais qui ne peux pas. C’est un combat long, et épuisant. Parce qu’il faut faire comprendre à l’entourage qu’on souffre, certain le concède, d’autre le comprenne, quand d’autres encore nous regarde de haut et nous rejette.

Alors que la douleur nous assaille le corps, irradiant du bas ventre jusqu’au lombaire, remontant parfois la colonne vertébrale et descendant parfois dans la jambe. Alors que la douleur deviens de plus en plus forte et que la concentration pour l’annihiler demande tellement d’effort qu’il faille serrer les dents, se mordre les joues, et prier pour que ça s’arrête un jour.

2 réflexions au sujet de “L’endométriose – acte 1 : la douleur

  1. Merci pour ton texte qui permet de mettre des mots sur ce que l’on ressent et physiquement et moralement. Je suis aussi touchée par ce mal et c’est toujours très difficile à faire comprendre, y compris aux femmes qui ne l’ont pas (parfois c’est pire même car comme elles n’ont pas cette même douleur elles pensent que l’on fait semblant).

  2. Les autres femmes sont en effet insensibles aux douleurs que l’on peux ressentir lors de ces périodes, car pour elles il n’y a pas tant de « mal » que ça … or c’est tout l’inverse !
    Je te souhaite tout plein de courage !

Et toi, tu en penses quoi ? :)